À l’ère du numérique, il est devenu plus facile de s’exprimer en ligne que de prendre la parole dans un cadre physique. Toutefois, même sur Internet, les propos injurieux, notamment sur les réseaux sociaux, sont passibles de sanctions légales et peuvent conduire leur auteur devant la justice.
Qu’est-ce qu’une injure en ligne ?
Contrairement à la diffamation, qui implique « l’imputation d’un fait portant atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne », l’injure se définit comme « toute expression outrageante, terme de mépris ou invective ne contenant l’imputation d’aucun fait ».
Injure publique ou privée : comment la qualifier ?
La difficulté majeure réside dans la détermination du caractère public ou privé d’une insulte en ligne. Les tribunaux adoptent une approche basée sur la « communauté d’intérêt » ayant accès au message. Ainsi, même si un compte Twitter ou Facebook est en mode « privé », si plusieurs centaines de personnes suivent les publications, l’injure risque d’être considérée comme publique.
Quels délais pour agir ?
Que faire en cas d’injure en ligne ?
1. Constituer les preuves
Compte tenu du délai de prescription, il est crucial de figer la preuve du contenu injurieux et de sa date de publication. Les propos pouvant être rapidement supprimés, la meilleure preuve demeure un constat d’huissier conforme à la norme NF 67-147, garantissant la fiabilité technique du relevé sur Internet.
2. Demander le retrait du contenu
Dès la publication du contenu injurieux, il est possible de signaler le message via l’option « signaler un contenu » sur la plateforme concernée ou d’adresser une demande formelle aux responsables de publication. Il est important de rappeler que l’hébergeur du site peut être sanctionné s’il est prouvé qu’il a volontairement laissé en ligne un contenu illicite.
3. Se faire assister par un avocat
Un avocat pourra évaluer la gravité des faits et engager les actions appropriées pour sanctionner les comportements répréhensibles. Il pourra notamment :
En conclusion, bien que la liberté d’expression soit un droit fondamental, elle a des limites. Les propos injurieux en ligne ne restent pas impunis, et des recours existent pour protéger les victimes et faire sanctionner les auteurs.